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Next stars in St’art ?
Douzième marche pour St’art qui ne repart jamais là où elle s’est arrêtée, mais voyage d’année en année d’un pays à l’autre, europrosélytant avec raison que l’art contemporain international doit faire escale à Strasbourg. Espagne et Bénélux à l’honneur, grandes galeries réputées comme d’habitude, une place spéciale est aussi faite cette année aux talents émergents aux « New Profile ».
Valeurs de demain ? C’est le pari des organisateurs, qui se veulent aujourd’hui découvreurs et qui sans renoncer à la présentation des artistes les plus cotés, invitent les amateurs à acquérir des œuvres encore abordables d’auteurs à la notoriété en devenir.
Un espace est ainsi entièrement consacré à des galeries européennes engagées sur l’avenir.
Charlotte Norberg (Paris) soutient Pascale Consigny, dont les compositions déstructurées, les objets tâches de couleurs existant par les cernes noirs qui en forment les contours, pourraient évoquer un Gauguin urbain contemporain, reinventé… de Matisse, Juliette Jouannais aura gardé le papier et la gouache, mais pour former des dentelles s’aventurant du mur vers l’espace, tandis que Sylvain Polony en laquant des plaques d’aluminium, ajoute à la palette de ses abstractions la lumière comme l’encre qui manquerait à un graveur en couleur.
Jean Michel Marchais (Trafic, Ivry sur Seine), présente un groupe d’artistes peintres figuratifs réflétant à travers leurs individualités une certaine inquiétude générationnelle : des visages en courbes noires obsessionnelles de Vincent Bizien venant se poser sur des aplats, à ceux de Cristine Guinamand, torturés, hantés de noir et de rouge sang, ou encore ceux réalistes de Michel Gouery, à la carnation terne, sans corps sur un fond gris constellé de noir, des corps-ombres de Youssef Korichi la tête tournée vers le sol, à ceux de Stéphane Pencréac’h se détachant sur le paysage, autant d’expressions plastiques qui ne sont pas sans rappeler parfois la démarche de Baselitz, du moins dans l’absence de recherche de beauté.
GM (Montpellier) nous fait découvrir Daniel Déjean, qui se joue de tous les repères spatiaux en agençant des découpes de couleur, flirtant avec l’abstraction pour mieux réintroduire une autre figuration, architecte d’un monde à trois dimensions bien réelles, prenant sens une fois acceptée l’idée qu’il n’est pas illusionniste.
Catherine et André Hug (Paris) nous proposent quatre artistes qui ont en commun une certaine poésie dans le traitement : Pontarolo et ses scènes évocatrices de la vie dans les villes, Karine Roche tout en minutie dans ses architectures urbaines ou ses foisonnements végétaux, Cyril Anguelidis qui met l’infographie dans ses œuvres au service d’une qualité d’illustration plus plastique, ou Yves Gobart dont la palette et la composition de certains paysages rappellent Cézanne quand d’autres de ses œuvres aux couleurs tendrement féériques nous projettent dans un univers de contes.
Nogatsch Fine Art (Strasbourg), présente des photographies d’Amihai Melki d’une magnifique picturalité, emplies d’une extraordinaire tension créée souvent par une percée de teinte chaude dans un univers froid, nocturne ou crépusculaire.
Enfin, les artistes soutenus par D’Est et d’Ouest (Paris) ne sont pas à proprement parler des talents émergents, mais plutôt des artistes confirmés à l’œuvre pudique trop confidentielle, comme Yo Marchand avec ses collages discrets aux inscriptions secrètes, ou dont la notoriété française est en train de se faire, à l’image de Luciano Figueiredo, artiste brésilien travaillant les agencements géométriques colorés dans une démarche graphique rigoureuse, comme le faisait en son temps Kandinsky.
Gauguin, Baselitz, Cézanne, Matisse, Kandisnky… à dessein auront été invoqués quelques grands maîtres du vingtième siècle. Un de ceux qui marquera l’art contemporain de demain est-il parmi ceux que nous font découvrir les galeries rangées sous la dénomination « New Profile » ? Pourquoi pas dans l’absolu, rappelons-nous comment chacun était perçu à ses débuts, mais plus réalistement, il y a incontestablement parmi les artistes présentés ici, certains qui rejoindront le rang des valeurs sûres dans les prochaines éditions de St’art. Sans spéculer parce que l’art n’est pas un bien comme les autres, écoutez juste votre sensibilité et il y a fort à parier que vous vous enrichirez dans tous les cas…
Arthur Concept / Collectif Insight. |