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Pendant plus de deux siècles, les verreries de Meisenthal ont craché leur fumée dans le ciel de Moselle, berçant au passage du siècle l’Art Nouveau de noms illustres. Mais en 1969, l’histoire industrielle s’est arrêtée pour le village. Plusieurs générations ont vu leur vie rythmée par l’activité verrière qui représente bien plus qu’une production, une mémoire et un patrimoine très important, dont il serait dommage de perdre l’âme et il y a quelques années, le site a ainsi été réhabilité par la transformation des vestiges industriels en vaste centre culturel et artistique.
Le comité d’animation et de développement de la halle de Meisenthal est ainsi né pour que le passé devienne une richesse de la conscience collective. Par la création, la diffusion et la médiation artistique, renaissent de leurs cendres des gestes qui risquaient de disparaître et le village attire toujours plus de visiteurs curieux. Il ne mourra pas, c’est dit. Dans cette logique de redynamisation et de préservation, le spectacle vivant et l’art contemporain sont de formidables moteurs qui se mêlent annuellement dans le festival artfusion. Chaque fois sont invités en résidence des artistes qui présenteront le fruit de leur travail dans une exposition in situ, et cette année, c’est le tour de Gérald Wagner et Klaus Stöber. Ils sont arrivés au moment charnière où les travaux de réhabilitation vont définitivement transformer le site en un Espace Culturel et leur mission a donc été encore plus sensible que les années précédentes. Recueillir, écouter, saisir, ce que la mémoire vivante des ouvriers et des fantômes a à offrir qui ne sera plus que souvenir.
Que ce soit Gérald Wagner, dont le travail de sculpture saisit l’infinie humilité du geste qui marque imperceptiblement la surface des matériaux (cire, papier, etc…) ou capte avant que le temps de l’emporte définitivement la dernière possibilité d’existence d’une image ou d’une réalité évanescente, que ce soit Klaus Stöber, qui photographie en accordant un soin tout pictural à son interprétation et se place en témoin empathique de la qualité artistique de ce que les autres produisent, tous deux ne sauraient avoir été les meilleurs garants d’une mise en œuvre commune, une exposition photographique pour que la mémoire ne se transforme pas en nostalgie mais en souvenirs. Présentée dans le grenier face à la Halle Verrière, peut être entendrez-vous dans la magie de l’évocation les chuchotements de la vie industrielle passée qui y est contenue et vivra à présent pour toujours. |