N° 81- Décembre 2004 - Praxis

El Ojo De Tempestad

Au cœur d’une tournée nationale, Praxis s’installe mardi 14 décembre à 20h30 au Théâtre du Cheval Blanc, pour partager avec le public son énergie, sa folie et son bonheur de jouer. Suffisamment hors des sentiers pour dérouter les orthodoxes du jazz sans les éloigner, suffisamment classiques pour que chacun trouve ses repères, plaçant le public au cœur de la création, Praxis l’emporte dans un voyage de couleurs et d’énergie que ne renieraient ni Jimi Hendrix, ni Duke Ellington. La nouvelle formation du quartet fondé par Laurent Stoutzer vient se nicher dans l’œil du cyclone (El Ojo De Tempestad), concentrant l’énergie de la pop pour mieux faire tournoyer le mouvement, la couleur et la vie.

Praxis, c’est en mouvement, ni commencement ni fin, une vibration, c’est la jubilation. C’est la fusion du groove, de l’improvisation, du be-bop, des grands standards du jazz, de la musique européenne et extra-européenne, du free jazz, de multiples musiques traditionnelles, des musiques savantes du 20 et 21ème siècle, bref une musique qui n'écarte rien à part l’indigeste. Et tout cela sans chaos, mais dans une écriture consciente avec un vrai style, sans emphase et sans fioritures, avec la volonté de partager au présent, sans dénaturer, sans renier ni sa connaissance, ni ses goûts originaux.

L’ambiance lumineuse et scénographique pourrait être celle des Floyds ou encore de Police, ou même cinématographique, avec des acteurs qui ont quelque chose à vivre, écrit, sans être figé, intelligible et qui se donne à voir directement, qui s’adresse aux gens simplement.

Les titres des morceaux sont inspirés de la musique impressionniste de Debussy et de Ravel - « Impulsion de la peau nue», « La Nuit », « L’Aube » ou encore « La Pointe du disque solaire apparaît » - car chaque morceau est un voyage qui a une vibration spécifique, une luminescence unique. Il y a de la voix, du chant, du texte, un jeu avec le timbre de la voix, la distance avec le micro et surtout il y a de très grands musiciens.

Car si Praxis, c’est au départ Laurent Stoutzer Praxis, la folie d’un guitariste, compositeur, diplômé et primé par les grandes académies de musique, lorsque ce dernier a créé le groupe, il avait besoin d’innovation : il voulait une harmonie particulière, un rythme singulier, de l’improvisation. En même temps, nourri et influencé par Neil Young, Cat Stevens, James Taylor, Joni Mitchell, et par la musique savante brésilienne, la bossa nova - très riche musicalement, aux textes magnifiques, écoutable par tous - il voulait vitaliser la musique, cherchait des musiciens qui pouvaient artistiquement et professionnellement opérer à ses côtés, être disponibles avec le moins possible de mots à échanger : l’alchimie créative.

Celle-ci ne peut advenir que dans l’excellence, et elle advient. Tous les musiciens ont un cursus académique au plus haut niveau, tous ont des parcours professionnels dans la lumière des grands festivals (Musica et Jazz d’Or, notamment), mais tous ont pour backgrounds les standards du jazz.

Si la grande majorité des compositions sont faites par le fondateur-guitariste, ce n’est ni exclusif, ni fermé. Laurent Stoutzer parle de ce qui caractérise les musiciens de son groupe : « Le contrebassiste, Vincent Posty connaît bien le rock, la pop, toutes les musiques improvisées et les pratique à haut niveau. Vincent a ce calme, cette retenue qui tempère mon impulsivité. Francesco Rees, le batteur, a fait aussi beaucoup de jazz. Il a beaucoup d’humour, une grande maîtrise. Il est très versatile, a le sens du rythme comme personne. Yaron (Hermann), jeune pianiste israélien s’est installé en France il y a peu de temps et est en plein développement. Il a quelque chose d’original. Yaron a été une formidable rencontre, sur les conseils de Stéphane Oliva, un grand pianiste qui m’a orienté vers lui. Avec Yaron, nous avons fait ensemble une première lecture à Paris et j’ai compris que c’était lui. Il transcende la musique. Des gens brillants, il y en a plein, mais lui, il a cette joie de jouer, un peu dingue aussi. »

Au Cheval Blanc, ils donneront tout, car pour Laurent Stoutzer « l’important, c’est d’être à la lisière du danger, sans jamais tomber : la magie se passe là. Il faut un déséquilibre qui dévoile ». Et que la tempête tournoie dans la salle en une praxis à l’énergie pop ! Ils en seront l’œil, le sourire, le son et la lumière !

Arnaud Weber / Collectif Insight

 
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